A l’issue d’un procès revanchard et préfabriqué, le régime fantoche irakien agissant sur ordre de l’occupant anglo-américain a nocturnement mis à mort Saddam Hussein, ultime président légal de l’Irak souverain.
La plupart des capitales occidentales ont applaudi les pendeurs avec quelques réserves formelles sur la peine de mort (quelle hypocrisie ! Combien de suicides, c’est-à-dire de peines de mort invisibles et déguisées, ont lieu chaque année dans les prisons de France et d’Europe en raison des conditions d’incarcération épouvantables ?).
L’appel à la « réconciliation des Irakiens » lancé par le gouvernement français bat des records d’hypo-crisie puisque chacun sait bien que la pendaison de Saddam aggravera les heurts intercommunautaires en Irak : cette pendaison n’a d’ailleurs rien d’une « erreur politique » ; elle vise cyniquement à attiser les braises de la guerre civile car depuis les débuts de l’occupation, le sinistre proconsul US Négroponte, habitué aux basses œuvres de la CIA, divise la résistance nationale en dressant les chiites contre les sunnites, proches du Ba’as de Saddam.
La pendaison de Saddam a été perpétrée dans d’horribles conditions (le régime fantoche a refusé, comme il est de règle, la demande de Saddam d’être fusillé, comme il est de règle pour les militaires ; celui-ci a été cagoulé de manière humi-liante malgré sa volonté de regarder la mort en face ; ses bourreaux l’ont lâchement insulté durant toute la mise à mort ; la dépouille, dont le linceul est tâché de sang, n’a pas été restituée à la famille mais enterrée de nuit à son insu) ; ce lynchage « légal » n’est pas sans évoquer la mort en prison, par « empoisonnement médicamenteux », de l’ultime président yougoslave élu, Slobodan Milosevic : comme le procès Saddam, dont les juges initiaux furent débarqués en cours de procédure parce qu’ils ne tenaient pas devant l’argumentation de l’accusé, le procès Milosevic tournait à la confusion de ses « juges », à la solde des envahisseurs de l’OTAN. Malgré cela, toute personne de bonne foi reconnaîtra que Saddam Hussein a su mourir avec courage et dignité en bravant l’indignité de ses bourreaux.
Pendant ce temps, le criminel de guerre Papon est libre en France ; bourreau du peuple haïtien, Duvalier passe une retraite dorée sur la Côte d’Azur aux frais du contribuable français (la décision fut prise par Fabius !) ; tortionnaire et assassin de la gauche chilienne, Pinochet est mort dans son lit comme Franco ; il a en outre reçu les « honneurs militaires » du gouvernement « socialiste » de Michelle Bachelet, la grande amie de S. Royal.
En réalité, Saddam n’a pas été jugé pour ses crimes contre la classe ouvrière et les peuples d’Irak.
Il n’a pas été pendu pour avoir ordonné la pendaison publique de toute la direction du PC d’Irak (ce qui n’empêche pas toute la presse occidentale de présenter l’anticommuniste Saddam comme un « stalinien » !).
Il n’a pas été jugé pour la sale guerre qu’il a menée contre l’Iran à coups d’armes chimiques pour le compte de l’impérialisme US, avec des armes fournies par Chirac.
Il n’a pas été pendu pour ses exactions contre les Kurdes d’Irak ; en effet ce procès-là eût gêné les USA et l’UE, fidèles soutiens du fascisant régime d’Ankara, dont l’action contre les Kurdes de Turquie a une dimension clairement génocidaire.
Saddam n’a pas non plus été pendu pour la manière dont il a dévoyé la révolution démocratique et nationale irakienne, initialement conduite par le Ba’as avec le soutien du PC d’Irak et avec la solidarité de l’URSS.
Saddam a été pendu parce qu’après la chute de l’URSS, les trusts américains de l’armement et du pétrole ont décidé de redessiner à leur complet avantage la carte du Moyen-Orient ; dès lors, le régime baasiste d’Irak faisait obstacle, comme le régime baasiste de Damas, à l’entreprise néo-coloniale de « nouveau Moyen-Orient » ; en définitive, Saddam a été pendu parce qu’il incarnait la résistance de l’Irak à l’égard des pétro-milliardaires américains, saoudiens et koweitiens.
Malgré ses pratiques tyranniques, son esprit tribal et ses crimes barbares, Saddam incarnait de manière dévoyée un régime d’origine anti-impérialiste qui avait commis le seul « crime » impardonnable aux yeux du grand capital international : celui d’avoir nationalisé le pétrole (comme actuellement Chavez au Venezuela), d’avoir institué la mixité scolaire et organisé un Etat laïque dans une région dominée par les féodaux intégristes d’Arabie saoudite. Et bien entendu, pendant ce temps, le fanatique Ben Laden, dont la famille est liée au pétro-milliardaire texan Bush, court toujours au grand dam des familles américaines endeuillées par les attentats contre les tours jumelles de Manhattan !
Saddam a été pendu par un régime intégriste et collabo qui veut inscrire la charia dans la constitution du Kurdistan irakien, qui attise la guerre civile en Irak et qui a provoqué l’exil d’un million d’Irakiens. Un régime qui installe l’Irak dans le chaos, comme cela a été le cas en Somalie suite à l’intervention US.
Saddam a été pendu par la « grande démocratie humaniste » US qui a provoqué la mort de 500 000 enfants irakiens au moyen de l’embargo des années 90/2002 ; une « démocratie humaniste » qui aspire ouvertement à établir la première tyrannie mondiale de l’histoire au nom de la Liberté et de l’Etat de droit.
Mais tôt ou tard, le peuple irakien et sa classe ouvrière deviendront maîtres de leur destin en mettant définitivement la main sur les richesses pétrolières. Alors ceux qui ont cru tuer l’Irak souverain et intimider tous les peuples libres en pendant Saddam, seront eux-mêmes jugés par le peuple travailleur d’Irak.
En attendant, la résistance populaire en Irak et le mouvement anti-guerre aux USA continueront de monter : le PRCF forme des vœux pour qu’elle s’unisse par delà les différences religieuses pour chasser l’occupant, rendre au peuple sa souverai-neté, faire profiter l’ensemble des Irakiens de la manne pétrolière, mettre en échec l’ennemi mondial n°1 de la liberté et de la paix : le système capitaliste re-mondialisé et l’impérialisme anglo-américain.
Le 1er janvier 2007, la Commission internationale du Pôle de Renaissance Communiste en France
