« Que je chante à jamais celle des travailleurs, ma France… ». Jean Ferrat
Par Georges Hage, Georges Gastaud et Jean-Pierre Hemmen (PRCF)
Approfondissant son indécent compagnonnage avec Le Pen, le Sire Sarkozy de Nagy-Bocsa annonce qu’il créera un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » s’il est élu en mai prochain. La tâche de ce ministère serait d’aggraver les conditions du regroupement familial.
Pour justifier cette nouvelle mesure xénophobe, l’ex-maire de Neuilly, enfant chéri du MEDEF et digne héritier des aristocrates anticommunistes hongrois, prétend qu’il faut « expliquer l’identité nationale » aux étrangers ; il veut aussi imposer aux familles immigrées de « parler correctement français », d’avoir un emploi stable et un loge-ment décent avant même d’avoir posé un pied en France : bref, les immigrés doivent débarquer à Marseille ou à Orly en état de parfaite « employabilité » (sic) sans avoir coûté un sou à l’Etat français ni au grand patronat, dont Sarkozy défend l’intérêt égoïste en se drapant dans les plis du drapeau tricolore !
Plusieurs associations antiracistes ont relevé les contradictions de ce projet provocateur alors même que Sarkozy a multiplié les lois (et les actes !) xénophobes depuis cinq ans. Mais à notre connaissance aucun des censeurs de Sarkozy n’a mis l’accent sur l’essentiel : l’essence de la proposition sarkozyste consiste en effet à mettre en opposition « l’identité nationale » et l’immigration de manière aussi odieuse qu’absurde !
Après les communistes Thorez et Politzer qui durent opposer cette évidence aux « bons Français » pro-nazis des années 30, rappelons que l’identité de la nation française s’est forgée par la fusion d’une multitude de popula-tions venues chercher refuge dans l’hexagone au fil de l’histoire. C’est la Révolution française qui créa la France républicaine sur des base politiques, laïques et démocratiques. C’est le mouvement révolutionnaire des 19 et 20èmes siècles, d’abord dans sa version bourgeoise démocratique, puis dans sa version prolétarienne et communiste, qui consacra les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de solidarité, de progrès social, qui sont au cœur de ce que l’histoire de France comporte de plus authentiquement universel. Dans la formation de cette identité moderne, Rousseau (Genevois), Marat (Piémontais), les Communards L. Frankel (Hongrois), Dombrowski (Polonais), E. Dimitriev (Bulgare), jouèrent un rôle majeur ; tout comme les Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’œuvre Immigrée, incarnés par la haute figure de Manouchian, furent le fer de lance de la résistance française armée contre Hitler et Pétain.
A l’inverse, de « bons Français de souche », nobles et grands bourgeois, ne cessèrent au cours de l’histoire, de vendre la France aux potentats étrangers pour sauver leur privilèges de classe; ainsi de l’Evêque Cauchon qui livra Jeanne d’Arc au bûcher anglais ; ainsi des Emigrés de Koblentz qui rallièrent l’Europe contre-révolutionnaire coalisée pour étouffer notre 1ère République ; ainsi d’Adolphe Thiers et des bourgeois de Versailles, qui livrèrent Paris à Bismarck pour mieux écraser la Commune ; ainsi des maîtres de forge « munichois » des années 30 qui s’exclamaient plutôt Hitler que le Front populaire… avant de collaborer avec Hitler pour traquer les « judéo-bolchéviks » !
Aujourd’hui, les actionnaires du CAC 40 délocalisent massivement notre industrie ; par gouvernement inter-posé, ils détruisent les services publics et d’autres conquêtes de la Résistance ; c’est le Baron Seillères qui, devenu président du patronat européen, veut imposer en France même l’anglais comme langue unique « des affaires et de l’entreprise » avec la complicité de l’U.E. Ce sont les patrons d’Alcatel et d’Air « France » (sic) qui imposent le « tout anglais » dans leurs sièges parisiens pendant que Gallois désosse Airbus au nom de son plan « Power » 8. C’est aussi Hallyday et les autres amis « people » de Sarko qui renient la France pour planquer leur pognon en Suisse.
Quant au « patriote » Sarko, qui dit défendre « l’identité française » contre les immigrés, il affiche cynique-ment sa volonté de « rupture avec le modèle social français » ; le même défenseur des « valeurs françaises » annonce sa volonté d’en finir avec la loi laïque de 1905 séparant l’Eglise de l’Etat. En fait, la seule « identité française » qui plaise à l’apprenti - dictateur de l’UMP, c’est le colonialisme, dont le parti au pouvoir prétendait récemment imposer une lecture positive aux professeurs d’histoire ! C’est le même Sarko qui file à Washington allégeance aux guerres US passées, présentes et à venir ! C’est encore et toujours Sarkozy, aidé par l’UDF et par le PS maastrichtien, qui veut faire passer en force la constitution européenne en contournant le vote souverain du 29 mai 2005 !
Bien entendu, il ne faut pas compter sur Sarkozy pour rappeler à l’ordre ce PDG « français » qui ose déclarer : « la France a un handicap, sa langue ». Car Sarkozy n’aura jamais un mot contre les « immigrés » de SA CLASSE, ces riches oisifs d’Europe du nord qui, du Limousin à la Côte-d’Azur, font main basse sur des villages entiers, « explosent » le prix de l’immobilier et rendent des régions françaises inabordables à l’ « indigène » de base. Car Sarkozy ne vise pas « les étrangers » en général, mais seulement les OUVRIERS immigrés et leur famille ; à travers ces derniers, c’est toute la classe ouvrière qui est ciblée, car plus forte sera la pression sur les ouvriers étrangers, plus pesante sera la dictature patronale sur le pouvoir d’achat, les conditions de travail et la dignité de TOUS les salariés !
Gageons que Sarko n’éprouvera pas non plus le besoin d’enseigner « l’identité française » aux immigrés venus des pays de l’Est : circulaire Bolkestein oblige, la « Franceurope d’en haut » se gardera bien d’exiger la connaissance du français et des droits sociaux du pays d’accueil, des travailleurs venus des ex-pays socialistes où la contre-révolution a plongé les salariés dans la misère ! Car le but de Sarkozy n’est pas de défendre « l’identité française », mais encore et toujours, d’augmenter les profits du grand patronat !
En fait d’« identité », Sarko est l’ennemi le plus résolu de l’héritage républicain de la nation ; il est en cela le reflet fidèle de sa caste, l’oligarchie financière, qui désintègre la France pour intégrer l’Empire européen du capital. Mais pour liquider la France républicaine qui leur résiste (29 mai 2005, lutte anti-CPE…), Sarko et l’UMP ont besoin de DIVISER les travailleurs en excitant l’immonde racisme.
Eh bien nous, militants franchement communistes qui assumons la France populaire et humaniste des Sans-Culotte et des Communards, c’est avec les travailleurs immigrés que nous défendons la nation française issue des Lumières, de 1789, de 36, 45 et 68. Jamais nous n’abandonnerons la Marseillaise, sœur de l’Internationale, à Le Pen et à l’UMP, ce parti antinational et anti-ouvrier en voie de fascisation rapide.
Oui, un travailleur africain qui manie le marteau piqueur sur nos routes, un écrivain américain qui obtient le Goncourt en écrivant en français, une lycéenne d’origine mahgrébine qui étudie Descartes dans un lycée laïque, méri-tent mille fois plus de la France républicaine qu’un manager « français » qui rédige en anglais un ordre de délocalisa-tion, qu’un chanteur américanisé qui renie son public pour planquer ses milliards… ou qu’un ministre de l’Intérieur-candidat qui abuse de ses fonctions officielles pour faire campagne aux frais du contribuable !
Pour le PRCF
Georges Hage, député du nord, doyen de l’Assemblée nationale- Georges Gastaud, philosophe, auteur de la Lettre ouverte aux ‘bons Français’ qui assassinent la France- Jean-Pierre Hemmen, président du CPN du PRCF, fils de Fusillé de la Résistance- Léon Landini, présid.-délégué du PRCF, a. Franc-Tireur et Partisan de la Main d’œuvre Immigrée, Officier de la Légion d’honneur pour faits de Résistance.